Qui suis-je ?

Étienne Bompais-Pham

J’aurais dû être programmeur. D’ailleurs, j’étais bien parti pour. À 15 ans déjà, je codais un site internet. Pas en WinDev ou en WordPress avec extensions intégrées (oxymore). Non non, en bon vieux HTML-PHP, sur le bloc-notes de Windows XP et Microsoft Frontpage, que j’écrivais ligne à ligne en écoutant Vincent Delerm avec Winamp. Ça doit rappeler des souvenirs à ceux de ma génération.

J’aurais dû vivre à Salon-de-Provence, cette ville du Sud que nous locaux n’associons qu’à la patrouille de France. Les touristes poussent généralement un long « aaaah » gêné lorsque nous évoquons cette section de l’Armée de l’air, quand ils pensent un « et alors ? ». Or, pour nous Salonais (attention, pas de mauvais jeu de mots !), c’est l’attraction de la région, notre tour Eiffel. Pour parler architecture, Salon s’est arrangé, mais pendant longtemps, le centre névralgique de la ville, là où s’organisait notamment le plus grand marché du coin (je ne sais pas si je dois aller jusqu’à dire la région), était un immense parking de supermarché, sans supermarché : la place Morgan. Ne prononcez pas de « e » à la fin de Morgan. Il n’y en a pas. Cela représente assez bien l’activité culturelle de la ville. 

J’aurais dû être marié avec deux enfants (j’ai toujours trouvé cette expression doûteuse). Chacun aurait eu sa chambre et son genre. Je les aurais élevés avec ma bonne femme, en les habillant chez Lacoste, en les nourrissant chez MacDo et en les laissant le reste du temps devant Canal. Leur bonne mère aurait été infirmière ou assistante de direction. Un métier comme ça, quoi. Nous aurions vécu dans un pavillon que nous aurions fait construire. Une piscine ? Ça, je ne sais pas. Je n’y ai pas tout à fait réfléchi. Mais, assurément, de l’espace : un jardin, un double garage et un oranger.

J’aurais dû revenir tous les dimanches chez mon père, pour son fameux porc au caramel. Cela aurait été le moment pour lui de m’expliquer comment négocier une augmentation, un prêt ou un virage (mansplaining), pendant que ma mère explique à sa belle-fille comment nourrir, éduquer et garder un enfant en bonne santé (momsplaining). Après tout, c’est elle qui m’a élevé, non ? 

Je n’aurais jamais dû savoir ce qu’est une anaphore. Mais le gland est tombé loin du chêne. 

À 12 ans, j’écrivais de la poésie pour Lolita, cette fille du collège dont j’étais si sottement amoureux que je lui ai écrit mon premier sonnet. Il commençait par ces vers qui ne passeront pas à la postérité : 

C’est moi Étienne,

C’est toi Lolita,

C’est moi qui t’aime,

C’est toi qui ne veux pas.

Elle l’a su. Je le lui ai donné. 

À 13 ans, je savais déjà que j’aimais les hommes. 

À 16 ans, je voulais à tout prix devenir écrivain. Mon rêve ? Lire Homère en grec, Virgile en latin et Cervantes en catalan. Objectif : écrire le nouvel Harry Potter. Rien que ça. 

À 17 ans, j’ai quitté Salon-de-Provence pour Rennes. Finie la Patrouille de France. À 19 ans, j’ai emménagé à Paris. Finie la rue de la Soif. 

À 20 ans, rien n’est impossible. On est invincible. 

À 21 ans, je me suis dit que la meilleure façon de gagner ma vie pour vivre de l’écriture serait de travailler dans l’édition. Mon Master 1 de LFA options Édition en poche, j’ai compris que, non, l’édition n’était pas fait pour moi. Je suis trop attaché à mes goûts pour ne considérer que l’aspect commercial d’un manuscrit. 

À 22 ans, je me suis laissé convaincre par ma directrice de recherche de faire un doctorat. Mon Master de Recherche en Langue Française en main et en tête la vie de galères de ma directrice de recherche qui, à 50 ans, essaie encore d’exister dans sa discipline, j’ai quitté la fac. 

À 23 ans, j’ai pensé que la meilleure façon de vivre de l’écriture serait… d’être payé pour rédiger. C’est ce que j’ai fait. Pendant 5 ans, j’ai rédigé des comptes rendus de réunions (procès-verbaux de CE, CHSCT…) pour des entreprises comme Radio France, Veolia Eau…

À 32 ans, je suis responsable du marketing et de la communication pour une entreprise des services numériques. Mon père n’arrive toujours pas à expliquer mon métier à ses amis. J’ai acheté un appartement à Paris, sans jardin, sans terrasse, sans garage. Je suis marié avec un homme. Et chaque fois que du gaz s’échappe dans mon couple (ça peut arriver, vous savez !), mon père a toujours l’espoir que je me trouve une bonne femme. Il m’attend tous les dimanches pour son porc au caramel… je suis devenu végétarien. 

Mon premier roman Tuer le bon gay sera bientôt publié aux éditions Maïa. Il est d’ores et déjà en prévente sur le site Simply Crowd. Participez à sa création !

Et parce que j’adore les « romans gay » (si je peux les nommer ainsi), je vous propose sur mon blog la lecture d’un livre LGBT+ tous les premiers vendredis du mois. N’hésitez pas à me conseiller de nouvelles œuvres (et à laisser vos commentaires) ! Pour toutes les autres lectures que j’ai adorées (ou pas), abonnez-vous à mon Instagram.

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Étienne Bompais-Pham.

PS : Je m’excuse auprès des ayants droit de Lorie pour l’inversion dans les vers de sa chanson.

PPS : On me dit que Lorie est encore vivante. Oups. Toutes mes excuses pour elle.

Étienne Bompais-Pham

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