J’aime le sexe mais je préfère la pizza : tranches de vie gay

Couverture J'aime le sexe mais je préfère la pizza de Thomas Raphaël

Avec J’aime le sexe, mais je préfère la pizza, Thomas Raphaël nous livre une panoplie de chroniques décalées sur sa vie souvent à côté de la plaque.

Présentation

Il y a la fois où Thomas a voulu apprendre le hip hop, parce que ça avait l’air cool quand il regardait les leçons dans sa salle de sport pendant que lui faisait sa muscu. Cours après cours, il progresse, mais il reste à contretemps, sans rythme et maladroit. Une marge de progression ? Énorme ! Une vitesse de progression ? Proche de l’immobilisme.

Il y a la fois où le Lillois qu’il a rencontré sur internet a pris la route pour passer la nuit avec Thomas, alors qu’il avait la monocluose – mais ça, il ne le savait pas encore.

Il y a la fois où il s’est infiltré dans la soirée d’anniversaire de Mick Jagger, à Prague, suffocant pratiquement de commettre un tel forfait. Ça restera à jamais sa plus grande fierté.

Dans J’aime le sexe mais je préfère la pizza, Thomas Raphaël se met à table. Il raconte toutes ces fois où il s’est senti complètement à la ramasse par rapport à tous ces gens qui l’entourent et semblent maîtriser ce qui, pour lui, demeure insurmontable.

Qui est Thomas Raphaël ?

Thomas Raphaël, 35 ans, a grandi dans le bassin d’Arcachon et habite aujourd’hui à Paris. Son premier roman, paru en 2011, La vie commence à 20 h 10, s’inspire de sa propre expérience dans les coulisses des séries télé.

J’aime le sexe mais je préfère la pizza est élu Coup de cœur du roman gay 2019.

Comment a-t-il fini sur ma table de chevet ?

Comme une bonne partie de mes lectures, celle-ci m’a été conseillée par mon mari qui l’a trouvé hilarant. Je me suis donc jeté dessus avec l’assurance de glousser dans mon lit. D’autant que Blanche Gardin assurait en introduction :

Thomas Raphaël a atteint son but : il est « universellement aimable, comme Laurent Romejko ». (Vous comprendrez). Mais en plus il est très, très, très drôle. Comment vivre sans lui une fois qu’on a fini ?

Mon avis

Arrivé à la fin du premier chapitre, je me suis senti con. J’aime Blanche Gardin, j’aime mon mari, mais comment se fait-il que je ne rie pas ? En plus, mon mari jurait par la puissance comique du premier chapitre. Hum… 😑

Je me suis forcé à continuer, me disant que, de toute façon, ce sont de courts chapitres à picorer.

Le deuxième n’était pas mieux. J’ai remis en question ma capacité à rire. Suis-je trop con pour comprendre autre chose que les blagues des Tuche 3 ?

Finalement, je me suis laissé emporté par les premiers récits sur l’enfance de Thomas Raphaël. Sans forcément me taper sur la cuisse ou rouler par terre les quatre fers en l’air, je me suis laissé embarqué par ces histoires souvent comiques, cocasses, tristes ou embarrassantes, enroulées parfois dans de la mauvaise foi sécurisante. Elles ont ce goût de vérité que l’on ne retrouve qu’à la campagne ou dans des confessions nocturnes faites sur le rebord de la fenêtre, clope au bec et 16 au poing.

Sans avoir vécu ce qu’il raconte, je connais ces sensations de se sentir désaligné, incapable d’atteindre un niveau pourtant basique pour les autres.

La dernière chronique refermée, malgré cet énorme plaisir procuré par ces courtes pastilles, je me suis senti floué. Le titre est « pute à clics » (ou clickbait pour les intimes) : aucune histoire ne mêle sexe et pizza (maintenant que j’y pense, je ne suis pas sûr de vouloir lire une scène qui mêle les deux). Les chroniques s’attardent plus sur son enfance, sans vraiment aborder ses rapports sexuels. Avec un tel titre, je m’attendais à lire du Sex And The City ou du Justin Myers. Que nenni.

C’est donc un très bon produit marketing, avec d’excellents textes qui ne rassasient malheureusement pas autant que la promesse induite par l’emballage.

Devez-vous lire ce livre ?

Si comme moi vous aimez les récits sur l’enfance, a fortiori quand le narrateur est gay, allez-y. Si vous n’aimez pas les chroniques qui se suivent, ne se ressemblent pas et ne forment aucun ensemble clair, passez votre chemin. Dans le doute, feuilletez-le et lisez une chronique au hasard pour vous faire une idée.

Citation

Ma stratégie reposait sur l’astuce de ne pas prononcer le mot homosexuel. Comme les coiffeurs qui ne disent jamais que vous devenez chauve, mais que vous avez le cheveu fin. C’est positif, la finesse, vous n’êtes pas chauve, vous êtes fin. Pareil avec Gaspard, qui est un joli prénom. Si vous dites homosexuel, plein d’images viennent à l’esprit des gens, la plupart ayant trait à la sodomie. Je ne voulais pas mettre dans la tête de ma mère des images de sodomie. Surtout des images de sodomie avec moi dedans.

J’aime le sexe mais je préfère la pizza, Thomas Raphaël

Où le trouver ?

En bibliothèque ou librairie, neuf ou d’occasion, numérique ou papier, avec les informations suivantes : J’aime le sexe mais je préfère la pizza, Thomas Raphaël, Flammarion, 2017.

Bonus : discours de Thomas Raphaël lors de la soirée palmarès du prix du roman gay 2019

« Vu qu’en tant qu’auteur je fais corps avec mon livre – d’autant que c’est une autobiographie -, ce que j’ai entendu c’est que j’avais été élu meilleur homosexuel de l’année. Donc, ça m’a fait plaisir. Forcément. Après, on m’a dit que je n’étais pas le « meilleur », mais le « coup de cœur ». Dans tous les cas, je suis sur le podium de l’homosexualité. Ce n’est pas rien. »

« J’ai eu peur du côté « tampon gay sur le front ». J’en ai parlé à mes amis. Ils m’ont répondu : « Ah bon, mais ça parle de trucs gay, ton livre ? Fallait le dire, on l’aurait lu, du coup ». Preuve que ça a aussi des avantages, les tampons. »

« On a besoin de représentation dans les romans, dans l’art, partout. Et à ceux qui disent qu’on n’en est plus là, qu’on est intégrés, il faut leur répondre, d’une part, que ce n’est pas vrai et qu’on se fait encore frapper dans le Marais et aux Buttes Chaumont. Et quand bien même. Au bout de 2 500 ans de littérature, les hétéros ne se se sont pas dit que, ça y est, c’était bon, ils pouvaient s’arrêter. Non, ils continuent d’écrire des livres, des films et des chansons sur comment on tombe amoureux. »

« Et nous aussi, on a besoin de continuer. On aura toujours besoin de continuer. On a besoin de se sentir représenter pour se sentir exister. Lire les Chroniques de San Francisco, à 18 ans, ça a changé ma vie. Littéralement. C’est grâce à Armistead Maupin que j’ai réalisé que j’avais le droit d’essayer d’être heureux. Avec ce prix, je suis content d’apporter ma petite contribution. »

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Vous avez lu J’aime le sexe mais je préfère la pizza ? Qu’en avez-vous pensé ? Un vrai régal ou une indigestion ? Avez-vous trouvé le texte à la hauteur de sa couverture ? Dites-moi tout en commentaire !

PS : Merci à Gérard Goyet, l’organisateur du prix du roman gay, pour la retranscription du discours de Thomas Raphaël.

Bandeau pour le roman Tuer le bon gay

 

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