Et ils meurent tous les deux à la fin, un roman pas si gai…

Couverture du roman gay Et ils meurent tous les deux à la fin d'Adam Silvera

Si vous saviez que vous alliez mourir aujourd’hui, que feriez-vous de plus ? Que feriez-vous de moins ? Adam Silvera vous livre son interprétation dans son roman Et ils meurent tous les deux à la fin.

[Avant-propos : Je m’excuse pour la référence à Natasha St-Pier. Vous n’étiez pas préparé. Moi non plus. Promis, aucun champ lexical sur le répertoire de la chanteuse dans cet article.]

Résumé

Il est minuit passé quand la sonnerie de Death-Cast sonne. Mateo est tétanisé. Il ne veut pas décrocher. Comme si refuser l’appel pouvait annuler la réalité que le messager doit lui annoncer. Il finit néanmoins par s’y résoudre.

L’agent de Death-Cast à l’autre bout du fil ne laisse aucun doute sur la tournure que va prendre la journée de Mateo : « Je suis au regret de vous informer que vous allez être frappé par une mort prématurée dans les prochaines vingt-quatre heures. »

Le même message est apporté à Rufus, alors qu’il est en train de casser la gueule du nouveau copain de son ex.

Death-Cast est un service apparut il y a sept ans. Il annonce aux personnes concernées qu’elles vont mourir dans la journée. Ça leur laisse le temps de dire adieu à ceux qu’elles aiment et de vivre ce qu’elles se sont promis de faire un jour sans s’en accorder le temps.

Mais que faire en ce dernier jour ? Comment protéger ceux qu’on va détruire en mourant ? Et comment vivre une dernière fois quand on sait qu’il n’y en aura pas d’autres ?

Ce sont les questions qui ponctueront les dernières heures de Mateo et Rufus. Ces deux-là, des étrangers l’un pour l’autre âgés de 18 et 17 ans, vont se trouver liés grâce à l’application Last Friend, qui met en relation des personnes qui savent qu’elles vont mourir dans la journée. Mateo, renfermé sur lui-même (et dans son appartement), trouvera-t-il la force de sortir de sa zone de confort pour la première dernière fois de sa vie ? Rufus, en colère contre le monde depuis la mort violente de sa famille, trouvera-t-il la paix avant de mourir ?

Vous le saurez en lisant Et ils meurent tous les deux à la fin.

Adam Silvera

Adam Silvera est né en 1990 dans le sud du Bronx, à New York, aux États-Unis. Après de courtes expériences professionnelles en tant que barista, libraire et critique littéraire, il publie son premier roman, Tu ne m’as laissé que notre histoire, qui entrera immédiatement dans la New York Times Best Seller list.

Il est spécialisé dans la littérature jeune adulte qui met en scène des personnages LGBTQIA.

Autres livres de l’auteur critiqués sur le blog du roman gay

Pourquoi ai-je lu ce livre ?

Le titre de ce roman est tout simplement écrit sur la couverture de Pourquoi pas nous ?, une histoire qu’il a écrite avec Becky Albertalli, l’auteure de Moi, Simon, 16 ans, Homo sapiens. Vous pourrez lire la critique de cette collaboration dans les mois à venir.

J’avais tellement adoré ce roman que je voulais voir ce qu’Adam Silvera écrivait tout seul. Et comme le titre donnait vraiment envie, je me suis lancé ! Et même si j’ai été surpris au début, je n’ai pas été déçu.

Mon avis

Mon plaisir personnel est de commencer un livre, sans savoir au préalable de quoi il parle. Vous me direz que c’est impossible : des crétins comme moi, quand ils ne le font pas sur Wikipedia, livrent l’intrigue des romans dans leur blog. Eh bien, je suis au regret de vous annoncer que vous avez tort ! Je guide mes lectures selon le fameux bouche-à-oreille, en lisant des articles dans des médias traditionnels qui s’épanchent peu sur les intrigues ou en remontant la bibliographie des auteurs comme des rivières.

Donc, en lisant la première page de Et ils meurent tous les deux à la fin, je suis resté con. Je pensais qu’il s’agissait d’une histoire plutôt normale et que l’auteur s’amusait à nous révéler la fin dès le titre. Je dois dire que je trouvais ça couillu. Vous imaginez si Titanic s’était appelé Jack meurt à la fin ? Tu as envie d’y aller, non ? Eh bien, voilà…

Il m’a fallu quelques jours et tentatives pour accepter le fait qu’il s’agissait d’un roman de science-fiction – si l’on doit le classer dans ce genre – et que les personnages aussi savent qu’ils meurent à la fin – de la journée. Une fois que j’ai intégré le fait qu’il s’agisse d’un roman de SF, j’ai eu droit à une nouvelle surprise : l’alternance de deux focalisations internes. Quand je me suis habitué à cette organisation binaire – somme toute classique –, voilà que l’auteur s’amuse à nous perturber de nouveau. Je ne vous en dis pas plus.

Vous l’aurez donc compris, ce roman est surprenant. Tout en nous montrant une petite histoire entre deux jeunes qui se cherchent ou se recherchent, Adam Silvera nous montre tranquillement toutes les implications que génèrerait le simple fait de savoir qu’on va mourir dans la journée. Il y a bien sûr les émotions que cela crée chez les « victimes », mais aussi toute l’économie qui s’est mise en place autour de cette nouvelle tranche de la population : promotions spéciales, parc d’attraction leur permettant de visiter le monde en moins de 80 minutes, etc.

J’ai beaucoup aimé ce roman. Les mots sont simples et justes. Les deux jeunes sont touchants. Bien qu’il s’agisse de littérature pour jeunes adultes, j’ai pris plaisir à lire ce roman sans grande conséquence. À aucun moment je me suis dit que, moi aussi, il faudrait que je vive ma vie à fond parce que je pourrais mourir ce soir – ce que l’on attend de ce type d’intrigue –, mais j’ai adoré les personnages.

Petit bémol cependant, j’ai trouvé que la troisième surprise du roman (que je ne dévoilerai pas pour vous la réserver) était un peu trop mécanique. Le système de répétition en début de certains chapitres m’a rapidement lassé, alors même que j’étais conquis à sa première lecture.

Enfin, chose remarquable et vraiment bien faite : malgré le titre, j’ai tourné chaque page, persuadé que l’un des deux ne mourrait pas. Et finalement…

Faut-il lire ce livre ?

Vous aimez les romans de science-fiction sur la mort ? ces livres qui commence par « et si on savait combien de temps il nous reste à vivre ? », etc. Si oui, il est fait pour vous. Si vous avez aimé Pourquoi pas nous ?, vous retrouverez l’écriture d’Adam Silvera. Si vous aimez la littérature pour jeunes adultes, ruez-vous en bibliothèque ou librairie.

En revanche, si vous recherchez de la science-fiction pure et brute qui vous fait réfléchir sur la marche de l’histoire ou vous apporte une réflexion philosophique sur vous et le monde qui vous entoure, passez votre chemin. Ce n’est qu’une jolie petite histoire (et c’est déjà bien !).

Citation

J’ai passé des années à ne rien faire pour avoir une vie plus longue, et regardez où ça m’a mené. Je suis sur la ligne d’arrivée, mais je n’ai jamais été dans la course.

Et ils meurent tous les deux à la fin, Adam Silvera.

Où le trouver ?

En bibliothèque ou librairie, neuf ou d’occasion, numérique ou papier, avec les informations suivantes : Et ils meurent tous les deux à la fin (ou They both die at the end), Adam Silvera, R-jeunes adultes, 2018.

Que pensez-vous de ce roman ?

Vous avez lu Et ils meurent tous les deux à la fin. Avez-vous aussi été surpris ? Dites-moi tout ! J’adore parler littérature.

Présentation du roman Tuer le bon gay

 

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