Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens : plongée en adolescence

Couverture du roman Love Simon

Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens est le roman que j’aurais voulu lire quand j’étais au lycée, avant mon coming out, quand la crainte de révéler mon homosexualité me tordait les boyaux.

Critique aux phrases. Tronquées.

En résumé

Simon, 16 ans, est homosexuel. Personne ne le sait. Sauf un. Un garçon de son âge, de son lycée, avec qui il échange des mails réguliers. De plus en plus réguliers. Simon sait tout de sa vie. Sa peur de révéler son homosexualité. Ses haut-le-cœur réguliers. Sa relation compliquée avec son père et sa nouvelle belle-mère. Sa passion pour les stades et la chaleur des projecteurs. Tout. Sauf son prénom. Et à quoi il ressemble.

Ils se croisent forcément tous les jours au lycée, probablement dans la classe, puisqu’ils sont tous les deux en première. Mais ils n’ont aucune idée de qui peut être l’autre.

Simon se fait appeler Jacques. Et le parfait inconnu Blue.

Dans cette correspondance secrète, adressée via des comptes Gmail secrets, les deux garçons ouvrent leur cœur, se disent tout. Sauf ce qui pourrait trahir leur identité. Au grand dam de Simon qui commence à avoir envie de le rencontrer.

Mais voilà, un jour, Simon oublie de déconnecter son compte Gmail de l’ordinateur du CDI. Et ça, Martin Addison l’a bien remarqué. Il comprend de suite ce qu’il a sous les yeux. Il identifie Simon et saisit qu’il est gay. Martin Addison, c’est ce garçon coincé qui en pince pour Abby, une des meilleures amies de Simon.

Alors, il se dit qu’il peut utiliser ce secret à son avantage. Il ne révèle à personne l’homosexualité de Simon. Et ce dernier s’arrange pour rapprocher Abby de Martin. Qu’est-ce que tu en dis, Simon ?

Elle, Becky Albertalli, 36 ans, Américaine

Becky Albertalli est née en 1982 dans la région d’Atlanta. Elle suit des études de psychologie à la Wesleyan University avant de rejoindre Washington DC. Où elle est psychologue. Elle s’est mise à l’écriture de romans pour adolescents après la naissance de son premier fils.

Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens est son premier roman.

Le succès a été si grand qu’une suite paraît en 2018, soit trois ans après Simon, centrée sur le personnage de Leah (Leah à Contre-Temps) et qu’un film sort la même année sous le nom de Love, Simon. Comme un film ne suffit pas, une adaptation est prévue pour 2020. Pour la future plateforme de streaming de Disney, Disney+.

Comment ce livre est-il arrivé sur cette table de chevet si encombrée ?

À l’ancienne. Le roman était exposé sur une table de l’excellente librairie LGBT Les mots à la bouche. Comme avant internet, j’ai lu la quatrième de couverture qui m’a intrigué. Je ne l’ai pas acheté tout de suite ne me considérant pas comme le public visé. C’était avant 2018, avant la suite et les adaptations. Je suis rentré chez moi. Quelques jours plus tard, repensant à lui, je suis retourné chez mon libraire et je n’ai plus résisté. En quelques heures, il était dévoré.

Mon avis révélé

Oui, c’est un roman pour adolescent. Du Young adult, comme on dit en bon français. C’est clairement un plaisir coupable. L’histoire, d’un point de vue d’un homme de 31 ans, n’est pas bien profonde. Deux garçons homosexuels qui ne s’assument pas encore et mentent à leur entourage pour se protéger. Pourtant, elle reflète parfaitement les tourments d’un jeune homosexuel de 16 ans, tous les jours à quelques minutes de faire son coming out… et puis, non, ce n’est pas tout à fait le bon moment. Cet âge guidé par les hormones et l’obsession d’être différent. Cet âge où le moindre dramelet est une tragédie.

J’ai adoré le personnage de Simon, dont l’innocence me faisait penser à moi (oui oui !). Je suis tombé amoureux de Blue. Avec Simon, j’ai énuméré tous les garçons qu’il croise au lycée. Cal. Martin. Nick. Bram. Garrett. Pour trouver son identité. Comme lui, je suis resté sur le cul quand son visage est apparu.

J’ai particulièrement adoré ce roman qui m’a rappelé ma première histoire d’amour. Elle aussi née d’un échange épistolaire numérique. C’était MSN et non Gmail, mais je me suis glissé dans les interstices.

Souvent cité par Simon, Harry Potter est clairement une référence. Je retrouve cette chaleur confortable dans laquelle je me lovais quand je quittais ma chambre pour rejoindre Poudlard. Les conflits entre meilleurs amis se ressemblent également. Et ce doux regard sur la jeunesse est le même.

Faut-il le lire ?

Je le conseille à tout le monde. Les homosexuels y retrouveront cette obsession de se cacher, de ne pas être pareil que les autres, qu’ils ont pu connaître dans leur adolescence. Les hétérosexuels comprendront ce que c’est qu’être homosexuel quand on a 16 ans. Et que même si tout le monde est censé l’accepter, le révéler est la chose la plus dramatique au monde.

Tous les adolescents devraient l’avoir à portée de bras. Comme un miroir. Ou comme un télescope pointé vers un autre.

Citation

Leah est également branchée fan fiction slash, ce qui m’a suffisamment intrigué pour que j’aille y jeter un œil l’été dernier. Je n’en revenais pas d’avoir un tel choix : Harry Potter et Draco Malfoy qui s’envoyaient en l’air d’un millier de façons différentes dans tous les placards à balais de Poudlard. Je choisissais les mieux rédigées et passais des nuits entières à lire. Drôle de période. C’est l’été où j’ai appris à faire la lessive. Certaines chaussettes ne devraient jamais passer entre les mains maternelles.

Où le trouver ?

Il est toujours quelque part dans ma bibliothèque. Je vous le prêterai contre une bière.

Si vous êtes trop loin de Paris, empruntez-le à votre bibliothécaire.

Vous souhaitez consommer ? Amazon est votre ami.

Pour rappel : Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens (ou Simon vs. the Homo sapiens Agenda en VO). Becky Albertalli. Hachette Livre. 2015.

Avis à vous, les Sapiens

Vous aussi vous l’avez dévoré comme une boîte d’Oreo en moins d’une journée ? Au contraire, vous avez été victime d’une bonne crise de foie avant de dégueuler sur votre table de chevet ? Partagez votre avis en commentaire.

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