Les Vacances du petit Renard : Prix du Roman Gay 2019

Couverture des Vacances du petit Renard d'Arthur Cahn

Les Vacances du petit Renard marquent l’entrée d’Arthur Cahn dans la littérature française. Un premier essai concluant. 

Critique objective – même si, bon, en vrai, je connais l’auteur.

L’histoire

Paul Renard a 14 ans. Il passe l’été dans la maison familiale de son père. Cet été, en plus de sa sœur et de ses parents, y logent sa tante et le meilleur ami de celle-ci, Hervé.

Paul éprouve instantanément une fascination et une attirance physique pour cet homme de 35 ans. Rapidement, en entendant sa tante l’interroger sur les hommes qu’il s’est faits dans la journée ou la soirée, il comprend non seulement qu’il est homosexuel, comme lui, mais qu’il rencontre des garçons d’un soir grâce à Grindr.

Paul passe ses après-midis enfermé dans sa chambre ou allongé sur une meule de foin dans un champ vide à ne rien faire, jusqu’au jour où il reçoit un iPhone pour son anniversaire.

Un monde nouveau s’ouvre alors pour lui. Il n’est plus forcé d’utiliser l’ordinateur familial pour se connecter à Facebook et rester en contact avec sa meilleure amie. Il peut regarder des pornos directement depuis le fond de son lit. Mais aussi discuter anonymement avec Hervé via l’application Grindr qui le plonge dans un univers encore plus envoûtant…

Arthur Cahn

Arthur Cahn est français. Né en 1984, il a suivi des études de lettres, puis de cinéma à la Fémis.

Après avoir réalisé des courts métrages qui ont remporté plusieurs prix dans le cadre de divers festivals (Les Ravissements, Au loin les dinosaures, Herculanum), il sort son premier roman en 2018 : Les vacances du petit Renard. Ce dernier lui vaut en octobre de la même année le Prix du Roman Gay 2018.

Il prépare actuellement son premier long métrage.

Pourquoi ai-je lu ce livre ?

Je connais l’auteur personnellement. Calmez-vous les deux du fond. J’ai seulement eu l’occasion de frapper quelques volants avec lui un été dans le cadre d’un club de badminton.

Je savais à l’époque qu’il faisait du cinéma, mais non qu’il écrivait. Oui, c’est bien « à l’époque » qu’il faut écrire. Ça remonte à si loin que je suis sûr qu’il m’a oublié depuis. Cela étant, il est toujours dans ma liste d’amis sur Facebook – comme nombre de personnes dont la présence du nom dans mon fil d’actualité me surprend toujours. C’est d’ailleurs là que m’est apparue pour la première fois la couverture de son roman Les Vacances du Petit Renard.

Savoir qu’il a sorti un livre – et pas moi, mais ça, c’est une autre histoire… – a attisé ma curiosité – et d’autres émotions qui n’ont rien à voir avec son roman. Puis, apprendre via une newsletter qu’il a reçu le prix du roman gay a fini de me convaincre. Il faut que je le lise. Je l’ai donc acheté.

Mon avis

Pour être tout à fait honnête – et puis ce n’est pas parce qu’il m’a renvoyé un volant un jour que je dois me sentir redevable et l’épargner –, après avoir lu quelques pages, je l’ai trouvé mal écrit. Pour moi, ce n’était pas un problème de style, mais de construction. De phrases hachées. Si vous voyez ce que je veux dire. Malgré l’amitié digitale qui nous lie, je l’ai jeté à travers la pièce. Littéralement. Désolé, Arthur.

Mon mari l’a récupéré – non parce qu’il est serviable (même s’il l’est), mais parce qu’il adore lire. Lui est allé jusqu’à la dernière page. Sans révéler son avis, qui n’appartient qu’à lui, il n’a pas infirmé ma critique du style, mais a pour sa part trouvé de l’intérêt dans le roman qu’il a lu avec plaisir.

C’était il y a plus d’un an.

Pour ce blog, je me suis dit que je ne pouvais pas éviter les romans du prix gay – je vous chroniquerai les anciens et les suivants. Je l’ai donc réservé à la bibliothèque – parce qu’entre-temps je l’avais revendu –, emprunté, ouvert, et cette fois-ci j’ai dépassé la page 20.

Le style, puisqu’il faut en parler, n’est pas du Fourrier – qui est depuis devenu mon maître étalon – ni du Baudelaire – oui, plus que lui –, mais il n’est pas aussi catastrophique que dans mes souvenirs. Évidemment, les phrases ne se sont pas. Recousues d’elles-mêmes entre-temps. En revanche, moi, j’ai décidé de passer outre.

Et j’ai bien fait. J’ai beaucoup aimé être replongé en enfance. Même si je n’ai jamais eu de maison secondaire, j’ai aussi connu ces longs étés à éviter la piscine comme comme le vinaigre et à m’ennuyer en solitaire.

J’ai trouvé le ton du roman juste et bien calibré. J’ai beaucoup aimé le jeu sur les styles adoptés par Paul pour parler des hommes qui l’excitent suivant son rapport à sa sexualité et à l’autre. Enfin, j’ai adoré le jeu Qui est-ce ? détourné en posant des questions sur l’impression que donne une personne plutôt que sur ses caractéristiques physiques.

Jusqu’à présent, je savais qu’il ne fallait pas juger un livre à sa couverture, je sais désormais qu’il ne faut pas non plus juger un roman à ses premières pages.

Faut-il lire ce livre ?

Oui. C’est un joli petit roman rempli d’affection qui vous replongera en enfance et en été. Il est très agréable à lire, les personnages sont touchants et l’idée de communiquer en tout anonymat avec la personne que l’on aime via Grindr m’a paru carrément brillante.

En somme, félicitations, Arthur. Et désolé pour le temps perdu.

Citation

La nuit est tombée. Il n’y a plus un bruit. La maison dort. Il a son téléphone à la main. Il va dans le Store. Il veut des jeux gratuits pour se divertir. Mais une chose en amenant une autre, il a tapé Grindr dans le moteur de recherche. Une icône jaune apparaît qui représente un masque sans bouche, mais il y voit un crâne. Il regarde le descriptif. Il a mal au ventre, déjà, comme s’il faisait quelque chose de mal, comme s’il faisait quelque chose de risqué. Il a un peu peur. La 1re appli mobile de réseau social au monde conçue exclusivement pour les gays, bisexuels, et les hommes curieux, est maintenant plus sexy et plus rapide que jamais. Avec plus de 7 millions d’hommes dans 192 pays, Grindr trouve des hommes à proximité pour chatter et les rencontrer dans le monde. Trouvez l’homme parfait maintenant. 

PEGI 18.

Comme pour les jeux vidéos.

« Attrapez-les tous ! » disait la pub pour Pokémon.

Où le trouver ?

Dans votre bibliothèque municipale.

Votre médiathèque n’est pas à la pointe ? Commandez-le sur Amazon.

Pour rappel : Les Vacances du petit Renard. Arthur Cahn. Seuil. 2018.

Et vous ?

Vous l’avez lu ? En une fois ? En deux ? Vous n’êtes pas d’accord avec moi ? Dites-moi tout en commentaire !

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